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Deuxième contribution de membres de l'AEBB au débat sur l'avenir de l'Ile Seguin sans la Fondation Pinault :

Pinault fuit la France, ses lenteurs administratives et son régime fiscal ? Rien ne sert de polémiquer. N'est-il cependant pas un peu prématuré de conclure pas de Fondation Pinault, pas d'Espace des Deux Cultures ?

Si l'épisode Pinault laisse un peu amer l'ensemble des boulonnais qui ont toujours soutenu son projet, qui a conduit la ville à faire démolir des vestiges précieux de l'histoire industrielle de la ville (rappelons que les magnifiques génératrices situées à la pointe de l'île ont été détruites à la demande expresse du mécène pour pouvoir donner toute sa puissance au projet de Tadao Ando), les boulonnais restent attachés au projet de fondation d'une part et à l'image futuriste du projet conçu par l'architecte japonais, d'autre part.

La fondation, avant même la première pierre, s'était bâti une réputation internationale, que nous proposons de capitaliser en maintenant le projet tel qu'il est dans les cartons, prêt à construire. L'ensemble des études et des travaux préparatoires en cours ne seraient ainsi pas vains, l'économie financière considérable pour les partenaires et in fine aussi pour les contribuables), et enfin quel gain de temps et de procédures diverses. Rappelons que ce projet a fait l'unanimité à tous les niveaux.

Pourquoi lancer un débat d'expert sur la nature de l'équipement susceptible de remplacer la fondation Pinault : Aucun équipement ne peut rivaliser avec l'attractivité internationale et tous publics d'une fondation d'art contemporain.
Soulignons aussi l'attractivité d'un bâtiment réalisé par un architecte de renommée internationale, lequel à lui seul assure un quota respectable de visiteurs (citons à titre d'exemple le musée Guggenheim de Bilbao, construit dans une ville industrielle, sur un site en déshérence, ne jouissant d'aucun rayonnement jusqu'à la réalisation du musée, qui par la seule puissance de son architecture a attiré des millions de visiteurs).

Conservons donc cette idée et adaptons-la aux nouvelles circonstances, en nous donnant les moyens de réaliser le fabuleux projet de Tadao Ando. Le transfert du permis de construire à la ville et/ou au Conseil Général est le moins que l'on puisse attendre de la part de François Pinault en indemnité du préjudice subi.

S'agissant toujours d'un lieu d'exposition, le changement de contenu est envisageable sans modification de l'enveloppe, seul l'aménagement intérieur serait à modifier pour assurer la mise en valeur des oeuvres.

Que ferions-nous de ce bâtiment ?


Qui financerait le projet (contenant et contenu) ?

Pour partie les collectivités (Conseil Général notamment) et pour une autre part en recourant au mécénat :

Nous ne devons pas baisser les bras et renoncer au projet sous prétexte que l'initiateur l'abandonne. La situation provoquée par le départ de Pinault est l'occasion de réfléchir à la façon dont notre pays doit se donner les moyens de conserver son patrimoine et de créer celui du futur. Ne manquons pas ce rendez-vous avec l'art.

Christine de Buhan
 
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