Environnement 92 a voté le 9 juin 2004 la motion suivante :
Le PLU (Plan Local d'Urbanisme) de Boulogne-Billancourt a été voté, le 8 avril 2004, par le Conseil Municipal.
Il engage l'avenir des boulonnais et des futurs habitants du Val de Seine et de la région.
C'est le plus gros chantier des 15 prochaines années : 1 million de m2 à construire sur 50 hectares.
Nous dénonçons les insuffisances, les contradictions et les incohérences de ce PLU.
Les orientations du PADD et les préconisations des documents supra-communaux : SDRIF, Schéma Directeur Val de Seine, PDU Ile de France et du Val de Seine, Schéma de Gestion et de Développement Durable de la Seine et de ses berges, Charte Paysagère, PPRI ne se retrouvent pas dans la mise en oeuvre des projets d'aménagement sur les terrains Renault et dans le reste de la ville :
- La densification excessive de la population et du bâti et l'accentuation des déficits en matière d'équipements de proximité remplacent le développement harmonieux, la croissance équilibrée et l'amélioration des offres en équipements publics !
- La population annoncée dans le PMU de 118.000 habitants à l'horizon 2005, déjà largement sous-estimée, dépasse la limite fixée par le Schéma Directeur du Val de Seine. Celui-ci prévoit 107.000 habitants !
- Le maximum constructible, autorisé par l'Etat, est utilisé, soit 960.000 m2 de logements, de bureaux et d'activités, sans autre impératif que la rentabilité financière du propriétaire des terrains, Renault !
- La maîtrise des déplacements et la prévention des risques ne sont pas réalisées, en raison de l'absence :
- d'un PDU étudié à l'échelle du Val-de-Seine,
- de vrais projets de transports en commun et de transports de marchandises innovants et efficaces,
- de solution d'envergure pour résoudre les difficultés actuelles (trafic de transit et congestion de la ville), pour faire face à l'afflux des nouveaux venus, et pour assumer le rayonnement international des équipements majeurs prévus (Fondation Pinault, Exploratorium, pôles scientifique et culturel).
De plus :
- Une dépollution supplémentaire devra être prescrite our les établissements sensibles des terrains Renault, sans que l'on en connaisse aujourd'hui les règles.
- Le PPRI n'est pas respecté dans la ville actuelle ; il ne l'est que partiellement dans le nouveau quartier de Renault.
- La valorisation des potentiels du site Renault et des paysages, l'ouverture de la ville sur le fleuve et le renforcement de la trame verte se traduisent par :
- des constructions massives, offrant peu de perspectives sur les coteaux de la Seine,
- une île Seguin transformée en forteresse,
- des projets en espaces verts qui ne permettent pas l'augmentation du ratio surface d'espaces verts / habitant (moins de 3 m2 par habitant)
- des aménagements en bordure de Seine qui ne s'inscrivent pas dans une continuité intercommunale.
- L'objectif de rééquilibrage population - emplois - infrastructures
Ouest / Est de l'Ile-de-France n'est pas respecté.
On assiste au contraire à une aggravation de la densification de la ville et de l'ouest parisien, non conforme aux objectifs du SDRIF actuel.
En conséquence :
- Nous demandons aux décideurs politiques et économiques de la ville, du département et de la région :
- une prise de conscience des conséquences du PLU de Boulogne-Billancourt, voté le 8 avril 2004,
- des actions volontaristes, visant à une meilleure répartition dans le temps et dans l'espace des potentiels environnementaux, humains et économiques den Ile-de-France,
- un développement mieux maîtrisé de Boulogne-Billancourt, du Val de Seine et de l'Ouest parisien, conformément au concept de Développement Durable.
- Nous décidons :
- de faire un recours gracieux pour annuler la décision du Conseil municipal de Boulogne-Billancourt, du 8 avril 2004, publiée le 16 avril 2004, approuvant le PMU que nous jugeons trop densificateur, destructeur du cadre de vie, dégradant les conditions de déplacement des populations, non conforme aux règles supra-communales.
- de voter la résolution suivante :
"Le Comité Directeur d'Environnement 92 donne à son président tous pouvoirs, avec faculté de subdéléguer, pour exercer toute action de recours gracieux tendant à contester et / ou à faire annuler la délibération du Conseil municipal de Boulogne-Billancourt votée le 8 avril 2004"
- Nous proposons aux associations locales, départementales et régionale de s'associer à ce recours pour s'opposer à un aménagement dommageable pour la qualité de la vie des franciliens.