Logo AEBB Revue de presse : Un article du Parisien

Voici un article assez intéressant, malgré son titre inapproprié



Le Parisien / Hauts-de-Seine matin
Jeudi 13/01/2005

L'événement

Terrains Renault : les écolos veulent moins de béton


UN SIMPLE RECOURS devant le tribunal administratif de Versailles. C'est le grain de sable - inattendu - qui pourrait enrayer la construction de la fondation d'art contemporain Pinault sur l'île Seguin. Craignant une « densification excessive de la ville », deux associations de protection de l'environnement souhaitent en effet faire annuler le plan local d'urbanisme (PLU) récemment adopté par la commune de Boulogne-Billancourt.
Une action en justice qui pourrait sérieusement retarder le chantier de réhabilitation des anciens terrains Renault censés accueillir 6 000 logements et le futur musée d'Art moderne.

Le maire de Boulogne, Jean-Pierre Fourcade, ne cache d'ailleurs pas son inquiétude : « La fondation Pinault est pour nous une locomotive dans le cadre du réaménagement des terrains Renault et ce recours est évidemment nocif à son développement, estime le sénateur-maire UMP. Cela risque en effet de bloquer le processus de construction. » Les deux associations à l'origine du recours, l'Union départementale Environnement 92 et l'association boulonnaise Actions environnement Boulogne-Billancourt (AEBB), avaient pourtant déjà lancé un coup de semonce l'été dernier en déposant un recours gracieux auprès de la mairie.


« On ne nous a pas écoutés et la mairie ne nous a jamais pris au sérieux »


« Nous avons plusieurs fois donné notre avis, fait part de nos observations et relayé les demandes de la population de Boulogne qui ne souhaite pas une densification massive de la ville, mais on ne nous a pas écoutés et la mairie ne nous a jamais pris au sérieux », affirme Marie-Agnès Filippi, la présidente de l'AEBB. Au coeur du différend : l'urbanisation des 52 ha de l'île Seguin et des espaces en friche du Trapèze, situés sur la rive gauche.

« Cet aménagement - l'un des plus ambitieux de l'Ile-de-France - engage l'avenir de la plus peuplée des communes franciliennes après Paris », constatent les deux associations. « Mais avec ces aménagements, nous courons au-devant de gros problèmes, estime Marie-Agnès Filippi. La ville sous-estime notamment l'arrivée massive de nouveaux habitants qui viendront s'installer à Boulogne dans les dix ans à venir et les énormes problèmes de circulation qui vont en découler. Il n'y aura pas assez d'équipements de proximité pour la population et les transports en commun seront insuffisants. »

« Si besoin est, nous pourrons très bien compléter le manque d'équipements en fonction des besoins de la population, répond le maire de Boulogne Jean-Pierre Fourcade. En matière de transport en commun, une liaison tram-métro est en outre prévue dans le cadre du projet ».

Les associations estiment, de leur côté, que Boulogne devrait compter 132 000 habitants une fois les terrains aménagés. Beaucoup trop à leurs yeux. Au point qu'elles réclament désormais « une évaluation par des experts indépendants des paramètres de l'opération et une meilleure cohérence entre les objectifs annoncés et les moyens mis en oeuvre ». « Nous attendons des réponses significatives et concrètes, indiquent les deux associations. Nous ne nous contenterons pas de promesses. » Un avertissement que la mairie de Boulogne devrait prendre au sérieux, même si elle affirme que « les réunions de concertation avec les associations se poursuivent actuellement ». Sur l'île Saint-Germain, à Issy-les-Moulineaux, la justice a annulé l'été dernier le permis de construire de la fondation Hamon suite... à un simple recours déposé par une association de défense de l'environnement.


Chantier Renault


Un projet pharaonique sur 52 ha

ACTUELLEMENT grignotée morceau par morceau par les bulldozers, l'île Seguin va définitivement rompre avec son passé industriel et ouvrier. Une fois la reconversion du site achevée, l'ensemble des terrains Renault de Boulogne-Billancourt, qui s'étendent sur près de 52 ha, accueilleront un ensemble de logements, de commerces et d'équipements publics. Au coeur de l'ancienne citadelle ouvrière seront aménagés des ateliers d'artistes, des cafés et des restaurants.
Avec ses 32 000 m 2 , la fondation d'art contemporain du milliardaire François Pinault occupera à elle seule un tiers de la surface de l'île Seguin. Une passerelle reliera l'île aux berges de Seine, (côté Sèvres), assurant ainsi une liaison avec le tramway T2. Au moins 13 000 nouveaux habitants sont attendus dans le secteur. Coût total de l'opération : 482 millions d'euros hors taxes.

Frédéric Mouchon
www.aebb.org